Conflits fonciers dans l’est de la RDC : Réflexion lors de la Journée mondiale de la Terre par FAT-GL
À l’occasion du 54ᵉ anniversaire de la Journée mondiale de la Terre, célébrée ce mardi 22 avril, le Forum des Amis de la Terre (FAT) a organisé une séance de réflexion sur les conflits fonciers dans l’est de la République Démocratique du Congo. Cette rencontre a eu lieu avec des journalistes de la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.
La discussion a porté sur le contexte foncier du Nord-Kivu dans la partie est du pays. Malheureusement, la terre, autrefois considérée comme un instrument d’unité, est devenue un élément de division dans l’est de la RDC. Ce constat découle des diverses réunions des membres de la plateforme Caco1 et Caco2 LPP traitant des questions foncières. S
elon Mbusa Vahwere, chargé de programme au FAT, le conflit dans le territoire de Nyiragongo affecte les habitants devenus des déplacés de guerre vivant à Goma. Dans de nombreux cas, leurs terres sont vendues à bas prix ou occupées par des étrangers.
« Du territoire de Nyiragongo jusqu’aux deux groupements de Kibumba et Buhumba, depuis que ces deux groupements sont assiégés par les rebelles du M23, se pose une problématique : toutes les familles de déplacés vivant à Goma n’ont plus le courage de retourner sur leurs terres. Leurs terres ont été cédées à des personnes traversant la frontière de l’autre côté de Kinyeru, et actuellement ce sont ces personnes qui exploitent sans être inquiétées toutes les portions de terres.
À Kibumba, la problématique demeure centrée sur les petites portions de terres », explique-t-il. Mumbere Isaac Wikere a axé son exposé sur le thème mondial intitulé « L’avenir de la terre face au changement climatique : quelle est ma responsabilité ? ». Il a expliqué comment l’environnement est devenu une source de conflits pour l’accès à la terre.
« Nous défendons la terre en abordant tous les problèmes qui l’entourent. Ces problèmes incluent notamment les conflits fonciers, les spoliations, ainsi que la protection de l’environnement et des espaces naturels », indique-t-il.
Après les interventions des différents intervenants, Me Dimanche Kalendi, coordinateur du FAT, a alerté sur les conséquences des réactions de la terre face à la négligence humaine, et a formulé certaines recommandations à suivre.
« Nous devons rester dans la même optique : considérer la terre comme un moyen de nous unir et non de nous diviser, de nous enrichir et non de nous appauvrir, de nous nourrir et non de nous affamer. Si nous agissons en tenant compte de ces principes, nous pourrons ensemble protéger notre précieuse terre. À partir de ces échanges, je pense que nous disposons des éléments nécessaires pour élaborer un exposé explicatif qui sera soumis à des analyses en vue de décider des actions concrètes à court, moyen et long terme, impliquant la collaboration de tous les acteurs au niveau de la province », a-t-il souligné.
À cette occasion, le FAT a organisé d’autres séances de sensibilisation pour la préservation de la terre, notamment en plantant des arbres dans des écoles de Butembo, telles que l’Institut Katwa, et ici à Goma, à l’école primaire YEP de Kanyaruchinya à Nyiragongo.